printemps 2020

21 mars 2020

A observer la nature, rien n’a changé. Les primevères ont été au rendez vous, les fleurs dans les pruniers, celles des pissenlits et des pâquerettes, aujourd’hui celles des cerisiers. Les orchidées sortent ça et là sur les pelouses calcaires, les oiseaux chantent, le printemps est bien là et rien ne semble avoir changé.

Pourtant ce printemps 2020 est bizarre : nous sortons de 6 mois presque ininterrompues de pluies, les sols sont encore saturés d’humidité, les mouillères continuent de couler, des jaillissements d’eau presque inhabituels suintent par endroits. Ce qui a surtout changé c’est l’homme: plus un bruit de camion, aucune trace blanche d’avions de ligne dans le ciel, la frénésie de l’activité humaine s’est assoupie. C’est le résultat de l’épidémie de Covid 19. Il n’est pas nécessaire que j’en écrive la chronique ici, chacun la connait et la vit dans son quotidien.

J’ai sorti le troupeau des mères hier seulement, j’attendais que les prairies ne “marquent” plus pour éviter de les abîmer par les piétinements. Et maintenant il faut faire vite : je vais faire avancer le troupeau suivant le mode du pâturage tournant dynamique. Il s’agit au début du printemps de “déprimer” les prés c’est à dire de faire un passage rapide des animaux sur tout le parcellaire en prairies pour que l’herbe poussée pendant l’hiver soit mangée par les bovins et ramener toutes les espèces composant la praire multi-espèces au même niveau. Ainsi les légumineuses (trèfles violet, trèfles blancs, sainfoin) vont repartir de plus belle.

Les activités ne manquent pas : j’ai trié cette semaine de l’orge pour Alcools Vivants, destiné à la fabrication de whisky 100% bio et local, j’ai fait passer un lamier dans les noyers et il est grand temps de broyer toutes les branches tombées dans les allées, faire brouter l’herbe aux génisses entre les arbres, passer la herse étrille dans les orges de printemps semés en janvier/février, semer les mélanges de lentilles vertes/cameline, préparer les terres pour les cultures de printemps, assurer l’entretien quotidien des clôtures, de l’abreuvement des animaux, tailler les noyers, semer les luzernes…

La crise que traverse notre humanité va, je l’espère, permettre à tous de comprendre le rôle d’une économie de proximité, des circuits courts, de prendre une fois de plus soin de la planète pour prendre soin de nous, l’environnement, etc. Les sursauts sont nécessaires et l’apprentissage d’une discipline collective, le sentiment d’appartenir tous au même genre humain, avec les mêmes faiblesses, la même vulnérabilité, le même besoin de se protéger, de se serrer les coudes. A très vite j’espère…

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  1. williams Cécile says:

    Merci pour ces infos et surtout pour le beau travail que vous faites. Cela réconcilie avec certains humains, les autres étant tombés sur la tête. Heureusement nous sommes de plus en plus nombreux, enfin je l’espère, à nous apercevoir dans quel piège nous sommes tombés et à revenir à de vraies valeurs que vous portez haut et fort. Et pour cela merci.
    Bon courage à vous et prenez soin de vous.
    Cordialement

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